Les causes communes de notre siècle méritent des mesures concrètes, des actions à bras le corps, des budgets, des moyens matériels. Pour lutter contre le/la COVID, nous avons besoin de masques gratuits, de doublement de lits de réanimation, de la mise en place de savon dans tous les sanitaires publics… Mais si « la preuve du pudding c’est que j’en mange » comme disait Engels, les combats de notre siècle se jouent tout autant sur les symboles et les représentations. La guerre contre le/la COVID devrait donc démarrer donc aussi sur le plan culturel, afin de bannir de l’espace public toute représentation qui ferait l’apologie du non respect des gestes barrières.

Les féministes le disent : s’ils faut des budgets conséquents contre les violences faites aux femmes et une police et justice réellement efficaces (et pas des mesurettes cosmétiques… et éventuellement pas de cosmétique tout court) il faut aussi gagner le combat symbolique en promouvant l’écriture inclusive, et en bannissant de l’espace public toute représentation qui serait trop patriarcale. De même que la lutte des noirs pour leur dignité nécessite « en même temps » la fin des discriminations à l’embauche, et le déboulonnage des statues des figures historiques du commerce triangulaire. La Nouvelle Réduslipe, journal engagé, considère que la lutte contre le/la COVID doit obéir à la même logique.

Une guerre culturelle sans merci

C’est pourquoi nous lançons cet appel et nous déclarons une guerre culturelle sans merci contre le/la COVID, les personnes qui font l’apologie du non respect des gestes barrières, et nous enjoignons les lecteurs et lectrices à co-signer cette tribune pour exiger les mesures politiques suivantes :

  • toutes les statues (sauf celles qui sont destinées à être démantelées) devront porter un masque qui sera changé 2 fois par jour ;
  • les personnages de tous les programmes télévisuels ou cinématographiques, affiches, bandes dessinées, roman photos, tableaux en cours de création devront porter des masques et respecter la distanciation sociale. Pour les films existants, ils devront être retouchés afin d’apposer des masques sur l’ensemble des visages, animaux non-humains compris. Par défaut, et si cela n’est pas possible, un sous-titre devra être apposé pour signifier que l’œuvre picturale a été réalisée avant la crise du (de la) COVID. Si cela n’est pas fait sous 6 mois certaines œuvres pourront être mises à l’index ou interdites aux moins de 77 ans, sous la responsabilité du CSA (Censeurs Soumettant les Artistes)
  • les œuvres écrites à venir devront rappeler la nécessité des gestes barrière, ou préciser que certaines scènes induisant un non respect des gestes barrières (baisers notamment) se situent dans un univers fictionnel dans lequel le ou la COVID n’existent pas. Sur les œuvres existantes, une relecture sera opérée par les descendants d’Agatha Christie, en vue de corriger les rééditions en cours. Par souci d’économie de papier, les livres existants des bibliothèques publiques, ceux mis en vente en librairie ou chez les brocanteurs, ne seront pas remplacés mais se verront accoler des autocollants sur les pages ou le respect des gestes barrières doit être rappelé. Si cela n’est pas fait sous 6 mois un autodafé sera organisé par le service CheckNews de nos confrères de Libération.
  • les chansons ou pièces de théâtre verront leur paroles modifiées, ou les passages évoquant le non-respect des gestes barrières effacés par un bip, ou si cela n’est pas possible un message vocal toutes les 3 minutes sur le disque rappelant la nécessité des gestes barrières. Si cela n’est pas fait sous 6 mois certaines œuvres pourront être mises à l’index, sous la responsabilité de la SACEM (Société d’Affreux Capitalistes qui Escroque les Musiciens).
  • les peintres et sculpteurs contemporains seront incités à faire moins d’œuvres en lien avec les excréments et les symboles phalliques, pour davantage parler du masque et esthétiser les gestes barrières. Des subventions exceptionnelles seront délivrées par le FRAC (Financement des Régressifs qui font de l’Art avec leur Caca)
  • les services de la protection de l’enfance de l’ASE contrôleront les logements afin de vérifier qu’aucune œuvre image ou représentation, faisant l’apologie du non respect des gestes barrières ne puisse être accessible aux enfants. Les parents récalcitrant se verront retirer leurs enfants.
  • des poste d’« ambassadeurs des gestes barrières » seront créés, et assumés par du personnel en réinsertion ou service civique payé 1 centime par mois en monnaie locale, sur le modèle des « ambassadeurs du tri » ou des personnes travaillant dans les recycleries ou autres structures dites « solidaires »
  • un délit d’ « apologie du non respect des gestes barrières » sera créé et passible des mêmes sanctions pénales que le délit d’ « apologie de terrorisme ». Une commission dirigée par la députée Avia et Patrick Pelloux sera mise en place pour veiller à son application, en particulier sur le net.

Nous, signataires de cet appel, exigeons la mise en place de ces mesures le plus rapidement possible, et s’il le faut par ordonnance du premier ministre.

Premiers signataires

Edwy Plein-air, journaliste à la nouvelle Réduslipe, Y.G. , journaliste à la nouvelle Réduslipe, Jaurent Loffrin, commissaire politique de la gauche molle, François Frison, ancien président de la république reconverti en producteur de mimolette, Action Antifa Poitiers-Théâtre-Auditorium, Parti Maoïste Animaliste, EELVié Véran, ministre de la santé psychologique, Jean-Kévin Pasteur, héritier désinfecté au gel hydro,
Émeraude Christie, descendante d’Agatha Christie, correctrice d’imprimerie dans une maison de réédition, Olaf AFNOR, directeur de la commission de normalisation littéraire, en charge du label « intersectionnelivre«