L’écrivain néo-communiste Aurélien Bernache est une figure bien connue de la gauche radicale poitevine. Chroniqueur dans le très prestigieux Le Monde des Slips-au-Mastics, il vient de sortir son bouquin “La Gauche radicale et ses bobos” où il fustige cette gauche qui “lit Télérama, vote Macron en cachette et mange des sushis au quinoa sans sel à l’Envers du Gros-sale”. Portrait d’un penseur qui se veut “contre son temps” mais “proche du peuple”.

Aurélien berné, trinquant avec notre journaliste

Aurélien Bernache est altermondialiste, mais il ne manque pas une occasion de dénoncer les solutions toutes faites de son camp. Le Bio ? “pas bon, y’a pas de vin en bouteille plastique en Biocoop”. Les manifestations, il ne s’y rend pas “marcher c’est bobo, ces écolos sont à coté des réalités”. Les tractages politiques : “les gens ne savent plus lire mes bouquins, alors des tracts que j’ai pas écrit, non merci !

Aurélien Bernache goûte peu à l’action politique directe, il préfère jouer un rôle d’essayiste populaire. Son nom avait été proposé pour les Grandes-Gueules-entre-mecs-de-droite-braillard-machos- sur RMC (Radio Méchants Crétins), mais débattre dans un studio de radio sans babyfoot ne l’intéresse pas. Et il assure être de gauche, même s’il passe beaucoup de temps à la critiquer.

Je suis contre la privatisation de l’énergie par des hippies qui brûlent des crottes de poule

Aurélien Bernache

Les plus chanceux peuvent parfois le croiser chez Leroy-Merlin-l’enchanteur quand il achète de quoi bricoler sa maison. Dernièrement c’était une terrasse chauffante. Ses camarades politiques voulaient l’orienter vers l’éco-construction avec une dalle en bois-paille-chanvre-crottin-de-cheval-coquille-de-noisette-raclure-de-bidet et un système de cogénération par combustion de carburants vert à base de tract déchiqueté et de pet-de-mouche. Mais il a vite déchanté sur ce sujet et a préféré le béton, une pelouse artificielle, et une cuve de fioul pour le chauffage. “Il faut être cohérent avec nos valeurs, je suis écolo, mais contre la privatisation de l’énergie par des hippies nostalgiques de l’ancien régime qui brûlent des crottes de poules.”. Il faut dire que la cohérence économique des filières commerciales locales, comme mondialisées, n’ont pas de secret pour l’auteur qu’il est ; fort de ses travaux de recherche dans son livre “L’illusion localiste : je vais pas payer 10 fois plus cher un produit de mauvaise qualité fabriqué chez un fainéant de français, quand je peux avoir de la meilleure qualité et moins cher en made-in-China”, édité chez “Pas content-édition”

La biographie d’Aurélien Bernache est avant tout politique, mais Aurélien Berné dévoile parfois son jardin caché. En plus d’être un grand penseur de notre temps, il est également un épicurien, un “marxiste-oenologue” comme il se définit parfois dans l’intimité. Nous ne le voyons pas dans ses écrits de premier abord, mais pour dresser ce portrait nous l’avons rencontré dans un bar, où il a eu l’amabilité de payer l’addition…. en francs….anciens, en bon souverainiste gaulliste-d’extrême-gauche.

Proche du peuple

Aurélien Bernache

Même si cela est peu connu, il compte dans sa bibliographie un guide comparatif des bars de Poitiers (“soyons des écologistes avinés”), durant lesquels il a testé toute la carte de tous les bistros Pictaviens. “Il faut dire qu’en plus d’écrire des livres, je travaille à la Région Poitou-Charentes, mais celle-ci n’existant plus, j’ai désormais plus de temps à consacrer au bar”, le bar-tabac-PMU, seul “vrai lieu de lien social” selon l’auteur poitevin qui se veut “proche du peuple”. Les bars, sauf l’envers du Gros-sale, repaire de cette gauche qu’il dénonce tant, celle qui “lit Télérama, vote Macron en cachette et mange des sushis au quinoa sans sel”. Même quand on s’échappe de la politique, on y revient à un moment ou un autre avec lui dans la discussion. Chassez le naturel bio et local, il y revient au galop !

Edwy Plein-air